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STUART N°24 NOV/DEC 20

Comme nombre de jeux de hasard, allant du plateau tournoyant à neuf chiffres du casino, au passe-temps potentiellement mortel façon Voyage au bout de l’enferde Michael Cimino, en cette période plus que critique, la roulette et sa bille aux circonvolutions aléatoires auraient largement de quoi nous faire perdre, toute raison garder, « la boule » !
Après un confinement contraignant mais nécessaire, place au couvre-feu, rajoutant une bonne dose anxiogène à un climat déjà surbooké. Puis, le drame sordide nourri sur le terreau de la bêtise la plus innommable avec la fin atrocement tragique, au-delà du concevable, d’un professeur d’histoire auquel nous ne pouvions pas ne pas rendre hommage – bien qu’à court de mots pour exprimer le ressentiment de toute la rédaction quant à l’extrême abomination de l’acte. Et tandis que de l’autre côté de l’Atlantique, l’antinomique duo Trump-Biden continue à faire rage sur le dos d’une Amérique borderline proche de la guerre civile.
Malgré tout, comme une évidence indispensable à la bonne santé psychique de tout un chacun(e), Stuart poursuit son dessein avec ce nouveau numéro clôturant cette si exceptionnelle année 2020, dans tous les sens du terme ! Plus que jamais besoin d’air et d’art, c’est dans l’univers des portraits sculptés au creux du béton et de la pierre de Vhils que nous vous entraînons, pour mieux rebondir vers les teintes veloutées du magico-religieux des fresques solaires et énigmatiques du Chilien Inti, que nous avons rencontré sur sa nacelle.
Retour et détour obligé par la lumière obscure, aiguisée à la réalité suintant d’humanité investie depuis les années 70 par l’artiste Ernest Pignon-Ernest, pionnier de l’art urbain en France. Une toute autre lueur, profilée cette fois en transparence à travers l’œuvre hyperréaliste du prodigieux maître verrier Simon Berger, dont la maîtrise du support nous offre des œuvres bluffantes.
Insuffisamment rassasiés de chaleur, nous rejoindrons le Mexique dans la province de Veracruz, à l’ascension des rayonnantesmuralesde Misantla, comme trace de toute une culture, pour enfin clore ce nouveau chapitre via les fantasmatiques et spectaculaires courbes de l’illusionniste allemand Kef .
Certes, les prémices de cette nouvelle édition n’étaient pas des plus joyeuses. Pourtant, en dépit de cet environnement glacial, l’art demeure l’un des meilleurs exutoires, et acte de liberté, figurant en bonne position comme rempart contre la barbarie : c’est dans sa lumière que nous signons ce numéro 24 et résisterons, avec vous si vous le voulez bien !

10,50

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